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Publié le , Modifié le 2 octobre 2014

Histoire de la lutte pour le droit à l’avortement

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IVG-dossierEn France…

L’avortement ou l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit pour toutes les femmes qui souhaitent la pratiquer en France. Mais, tout comme l’accès à la contraception, le droit à l’IVG a été difficilement acquis au prix de longues luttes. Quelques dates clefs pour s’en rendre compte…

1920 : La loi anti-contraception, vise toute « propagande anticonceptionnelle ou contre la natalité » et interdit, y compris au médecin de donner aux femmes le moindre conseil en matière de contraception.

1942 : L’avortement est considéré comme « crime contre l’État » et est puni par la peine de mort.

1956 : Le 8 mars, Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé, une jeune médecin catholique, crée la Maternité heureuse, association destinée à promouvoir le contrôle individuel des naissances. En 1960, la Maternité heureuse devient le Mouvement français pour le planning familial (MFPF).

1971 : « Le manifeste des 343 » est publié dans le magazine le Nouvel Observateur : 343 personnalités ont le courage de signer le manifeste « Je me suis fait avorter », s’exposant ainsi à l’époque à des poursuites pénales. Parmi elles, Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Marguerite Duras, Jeanne Moreau, Yvette Roudy… Ce manifeste était une pétition afin de dénoncer la pénalisation de l’IVG. Rédigé par Simone de Beauvoir, il commence par ces phrases :

« Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre ».

La semaine suivant la parution du manifeste, le journal satyrique Charlie Hebdo fait sa une avec un dessin s’en prenant aux hommes politiques avec la phrase « Qui a engrossé les 343 salopes du manifeste sur l’avortement ? », valant à cette pétition d’être appelée familièrement le « manifeste des 343 salopes », un titre qui n’est pas celui des signataires.

1972 : Pour la première fois, au terme du “procès de Bobigny”, Marie-Claire, une jeune fille qui a avorté après un viol et défendue par Gisèle Halimi et soutenue par les mouvements de femmes, est relaxée.

1975 : La loi Veil promulgue la légalisation de l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), à la suite d’une nuit entière de longues et difficiles heures de discussion à l’Assemblée Nationale. « Une nuit tendue » dira Simone Veil. En effet certains députés n’hésiteront pas à insulter violemment Madame Veil afin de tenter de discréditer son projet de loi. Un texte provisoire est voté pour 5 ans. Le vote définitif se fera en 1979.

1982 : La loi Roudy prévoit le remboursement de l’IVG par la Sécurité Sociale.

1988 : La pilule abortive RU 486 inventée par Étienne-Émile Baulieu, est mise sur le marché.

1990 : L’IVG médicamenteuse est autorisée à l’hôpital.

2001 : Présentée par la ministre de l’emploi et de la solidarité, Élisabeth Guigou, la loi porte de 10 à 12 semaines le délai légal pour l’avortement. Les mineures dépourvues d’autorisation parentale peuvent avoir recours à un adulte référent de leur choix.

2004 : L’avortement médicamenteux pratiqué par les médecins dans leurs cabinets est autorisé.

2013 : L’IVG est remboursée à 100% pour toutes les femmes.

2014 : L’Assemblée Nationale modifie le texte de la loi Veil afin que les femmes qui ont recours à l’IVG n’aient plus besoin de justifier d’une situation de « détresse ». L’IVG devient de ce fait accessible sans restrictions à toute les femmes qui ne souhaitent pas poursuivre une grossesse.
Par ailleurs, si un professionnel de santé empêche une patiente d’avoir recours à l’IVG (par exemple, en ne lui délivrant pas les informations nécessaires) il s’expose désormais à des poursuites pour « délit d’entrave ».

Ces  étapes montrent bien que l’avortement est un droit qui a été obtenu grâce à de nombreux combats difficiles qui restent toujours d’actualité. Aujourd’hui, la France dispose donc de lois et de dispositifs qui permettent à toutes les femmes de bénéficier de ce droit à l’avortement dans des conditions médicales protectrices.

…et ailleurs

En Europe
22 pays de l’Union Européenne autorisent l’IVG sur demande avec des législations différentes. Par exemple, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas il est possible d’avorter jusqu’à  la 24ème semaine de grossesse alors qu’en France le délai est de 12 semaines.

En Irlande, en Pologne et au Luxembourg le recours à l’avortement est limité au cas de viol, d’inceste, de risque avéré pour la vie de la mère ou de sévères malformations du fœtus.

Si à Chypre, l’IVG est interdite dans les textes, mais est toutefois tolérée en cas de viol ou d’inceste, à Malte, elle est strictement interdite, quelles qu’en soient les raisons. C’est un délit passible d’une peine pouvant aller de 18 mois à 3 ans d’emprisonnement.

Dans le monde
Chaque année, 50 000 femmes meurent à la suite d’un avortement clandestin pratiqué dans des conditions insalubres et dangereuses. De plus, 222 millions de femmes n’ont pas accès à un moyen de contraception moderne, ce qui explique pourquoi 40% des grossesses dans le monde ne sont pas désirées.

En 2011 un rapport de l’ONU lance un appel urgent à tous les gouvernements afin qu’ils dépénalisent totalement l’avortement. C’est la première fois dans l’histoire de l’ONU qu’un tel appel est lancé.

Ce rapport constitue une avancée majeure. Il constitue un outil important de plaidoyer pour les organisations de femmes et de planning familial qui militent à travers le monde pour la reconnaissance du droit à l’avortement.

En septembre 2014, 420 médecins du monde entier mobilisés pour défendre le droit à l’avortement signent l’appel  « Names not Numbers »  lancé par Médecins du monde. « Interdire l’avortement ne produit aucun effet dissuasif sur le recours à l’IVG », rappellent les médecins dans ce texte. « Nous demandons un accès universel à la contraception et à l’avortement sûr et légal », poursuivent-ils.

Le Nouvel Observateur qui en 1971, publiait le « Manifeste des 343 »,  publie le « Manifeste des 420 » pour soutenir une nouvelle fois le droit à l’IVG.

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