Interview du mois : Philippe Jeammet, psychiatre | Fil santé jeunes - buyviagrasoft.info
Chat
Publié le , Modifié le 1 mars 2016

Interview du mois : Philippe Jeammet, psychiatre

Vous avez aimé cet article ? partagez le sur votre réseau !

angoisseCe mois-ci, nous avons choisi de poser quelques questions au Professeur Philippe Jeammet qui est psychiatre et qui a dirigé pendant longtemps le service de psychiatrie des adolescents et des jeunes adultes de l’Institut Mutualiste Montsouris à Paris.

Souvent on confond « stress » et « angoisse », quelle est la différence entre les deux ?

L’angoisse est une peur sans origine manifeste alors que le stress est très lié à une situation particulière. Il est plus une réponse à une situation donnée, alors que l’angoisse est un sentiment de peur qui vous envahit sans qu’on arrive à la ramener à une cause précise. Cette imprécision est inquiétante. L’angoisse se manifeste souvent par des signes physiques : le ventre noué, la gorge serrée, un point sur le cœur.

On parle d’angoisse et de crise d’angoisse, s’agit-il de deux choses différentes ?

La crise, c’est quelque chose de plus aigüe que l’angoisse, plus extrême. Mais sinon, c’est la même chose. La crise va donner un sentiment de débordement, de perdre pied encore plus important que dans l’angoisse banale. En fait, la crise c’est quand l’angoisse dépasse un certain seuil. Elle a un caractère soudain et aigüe pendant plus ou moins longtemps alors qu’on peut se sentir angoissé de manière continue avec les expressions physiques que j’évoquais avant.

A partir de quand peut-on dire que l’angoisse n’est plus un phénomène normal ?

Quand on se sent handicapé par elle. Ce qui fait son anormalité est alors son caractère envahissant, la perte de liberté. On se sent contraint par l’angoisse alors que, quand elle est normale, elle peut même être stimulante. Il ne faut pas que l’angoisse devienne une gêne.

Voyez-vous en consultation beaucoup d’adolescents angoissés ?

Oui, mais cette angoisse est quand même à l’arrière-plan de beaucoup de difficultés qui amènent à consulter. Elle n’est pas toujours ni très aigüe, ni perçue comme une gêne parce qu’il y a d’autres manifestations à côté. Mais elle est en général présente.

L’adolescence est-elle une période où il y a des angoisses particulières ?

Oui, parce que l’adolescence est une période de changements. Or le changement, c’est l’inconnu et l’inconnu a tendance à faire peur. Souvent, comme sur un paratonnerre, l’angoisse va se fixer sur un sujet d’inquiétude qui est assez souvent l’apparence physique. Quand on a une partie du corps qui ne convient pas, qui ne correspond pas à ce que l’on voudrait : le nez, les oreilles, le visage, le ventre, les jambes. Il y a souvent des fixateurs de l’angoisse. La peur de rougir par exemple. C’est particulièrement présent à l’adolescence du fait de tous les changements corporels.

Quand faut-il s’inquiéter ?

Quand la gêne devient importante et que l’angoisse est un handicap, qu’elle prend la tête, qu’elle est excessive sans aucune raison. Il faut voir que si l’angoisse est gênante, elle n’est pas en elle-même pathologique. Elle est aussi le signe d’envies.

Si on est angoissé, c’est qu’on a des envies et que ces envies suscitent des peurs. Mais avoir des envies, c’est bon signe ! Il faut apprendre à ne pas en avoir peur. Pourquoi les envies peuvent faire peur ? Parce qu’on a peur qu’elles nous débordent, parce qu’on ne connait pas bien la nature de ces envies, parce qu’il y a des envies contradictoires, parce qu’on a peur de ne pas y faire face… C’est souvent la peur de ne pas être à la hauteur de ses envies qui suscite l’angoisse.

C’est là qu’on peut être aidé en comprenant qu’on peut avoir confiance en soi, faire face à ses envies, les connaître mieux et ne pas avoir peur qu’elles nous débordent !

Merci beaucoup à Philippe Jeammet pour cette interview.

image_pdfimage_print

Vous avez aimé cet article ? partagez le sur votre réseau !

Une réflexion au sujet de « Interview du mois : Philippe Jeammet, psychiatre »

  1. vous avez participé à un rapport pour le sénat.
    joli constat littéraire
    mais concrètement le droit à la scolarisation des enfants handicapés psy dans un établissement de soin: c’est quand que l’état se met en conformité avec ses lois et cré des places pour que ces enfants n’attendent plus pendant 2ans une place!!!
    :negative:

    j'aime

Laisser un commentaire

Attention, le champ « commentaires » est un espace d’expression dédié aux jeunes.

Pour discuter et échanger avec d’autres jeunes, tu peux te rendre sur le forum.

Pour toute réponse personnalisée d’un professionnel de l’équipe, tu peux envoyer ta question dans l’espace Pose tes Questions ou nous appeler au 0 800 111 111.

Cette partie est modérée. Ton commentaire ne sera publié qu’après sa validation par un modérateur.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

 caractères restants
:bye: 
:good: 
:negative: 
:scratch: 
:wacko: 
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose: 
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail: 
:-( 
:unsure: 
;-) 
 

https://farm-pump-ua.com

узнать на сайте biceps-ua.com

https://medicaments-24.com