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Publié le , Modifié le 28 octobre 2014

La luminothérapie

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lumièreTroubles du sommeil, tristesse au réveil, irritabilité… Certaines personnes, dès que les jours diminuent et que le début de l’automne pointe son nez, ressentent que leur moral baisse avec la température extérieure. Peut-être s’agit-il d’une dépression saisonnière, un trouble qui concernerait environ 5% de la population en France. Ce trouble apparaît souvent en octobre-novembre quand les jours deviennent de plus en plus courts et il se manifeste par exemple, par une baisse de moral, un état dépressif, une augmentation de l’appétit et une prise de poids, une fatigue ou encore par une perte d’énergie et une diminution d’activité. 

Selon certains, la cause principale de la dépression saisonnière serait le manque de lumière. Ainsi, dans certains cas, ce blues pourrait se soigner par la luminothérapie, une technique médicale qui permettrait de combler le manque de lumière dû à la baisse d’ensoleillement en période hivernale. De quoi s’agit-il en réalité et comment cela fonctionne ? Tour d’horizon.

La luminothérapie utilise l’exposition à une très forte luminosité pour soigner les symptômes du trouble affectif saisonnier (TAS) ou dépression hivernale ou saisonnière. Comme beaucoup d’autres techniques thérapeutiques, la luminothérapie est née aux États-Unis. C’est le Dr Norman Rosenthal, un psychiatre américain, qui dans les années 80 a fait le lien entre le manque de lumière et divers troubles pouvant survenir avec la période hivernale. Puisque ces troubles surviennent durant les mois les moins ensoleillés, le Dr Rosenthal et ses collègues ont posé l’hypothèse qu’une exposition à une lumière vive artificielle pourrait conduire à la rémission des symptômes.

Notre corps et la lumière

L’homme a besoin de lumière pour vivre. Elle est essentielle pour notre organisme, pour réguler nos rythmes biologiques et faire le plein d’énergie. Une insuffisance de lumière affecterait directement notre « horloge biologique interne » et pourrait se traduire par un dérèglement de notre cycle journalier de 24 heures et entraîner une altération de notre bien être. En fait, le trouble principal causé par le manque de lumière est la sécrétion de mélatonine. C’est cette hormone somnifère qui serait à l’origine des troubles dépressifs saisonniers. La mélatonine va nous donner envie de dormir et provoquer une fatigue qui entrave le bon déroulement de la vie quotidienne, une dérégulation de notre horloge biologique entraînant par la suite des troubles de l’humeur et/ou du sommeil. Ainsi, certains symptômes pourraient s’améliorer si cette horloge, située dans l’hypothalamus, pouvait se synchroniser au moyen d’un approvisionnement supplémentaire en lumière.

Et comment cela fonctionne ?

La luminothérapie a pour objectif de recaler l’horloge biologique sur une phase normale et de lui permettre de déclencher à nouveau la production des hormones adéquates au bon moment. Les lampes de luminothérapie médicale permettraient en fait de compenser le manque de lumière en agissant notamment sur la régulation de la mélatonine, anormalement sécrétée. Le traitement consiste en une exposition quotidienne face à une lampe reproduisant une forte intensité lumineuse comprise entre 2000 et 10000 lux (unité d’éclairement par unité de surface). Cela peut paraître beaucoup, mais encore faut-il savoir que l’intensité de la lumière à l’extérieur, en plein soleil, est comprise entre 50 000 et 100 000 lux ! Les séances d’exposition sont généralement de 30 mn à 2h, selon l’intensité lumineuse de la lampe utilisée, pour des traitements de quelques semaines à plusieurs mois. La luminothérapie se pratique normalement à l’hôpital, dans des pièces spécialement aménagées, aussi appelées « pièces à lumière ».

A titre préventif, la luminothérapie peut également être pratiquée à la maison ou au bureau. Les appareils de luminothérapie sont déjà très utilisés dans les pays nordiques et les scandinaves élargissent aujourd’hui l’utilisation des lampes de « lumière claire » selon leur propre appellation dans les foyers comme moyen préventif.

Un avis médical est indispensable !

Il est important de bien différencier la luminothérapie comme traitement médical, prescrite dans des conditions bien précises, par des médecins, dans un objectif de soins, et la luminothérapie « bien-être », qu’on peut pratiquer soi-même à la maison, simplement pour se faire du bien !
En effet, étant donné que certaines lampes de luminothérapie sont en vente libre dans les magasins, il est possible de faire une luminothérapie « sauvage », sans avis médical préalable. Or, le risque est de passer à côté d’une dépression « classique » qui ne serait pas saisonnière, donc insensible à la lumière, ce qui retarderait sa prise en charge. C’est pourquoi il est toujours préférable de consulter un médecin, pour avoir son avis.

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