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Publié le , Modifié le 17 janvier 2014

Le sperme : croyances d’ici et d’ailleurs

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spermeLa façon dont on parle du sperme est intimement liée à la façon dont chaque société parle ou cache la sexualité et l’amour. Dans l’Antiquité, les sociétés grecques et romaines étaient relativement permissives en matière de sexualité. Elles prêtaient au sperme de nombreuses vertus comme la virilité, la fécondité, la force. Pour les Romains, le sperme avait des pouvoirs de longévité. Selon la légende, l’impératrice Messaline s’en faisait enduire le corps. En Égypte, il avait des vertus curatives. La reine Cléopâtre en aurait été une grande consommatrice ! Selon le philosophe grec Aristote, si le sperme du mâle dépérissait, il engendrait une femelle qui ressemblait à sa mère. Si le sperme du mâle était fort, comme c’était la règle, il générait un mâle !

Pour les anciens, la mandragore, cette plante aux vertus magiques et aphrodisiaques, serait apparue à l’endroit où la semence d’un pendu aurait fécondé le sol.

Au Moyen-Age se développe l’apologie de la chasteté avec la naissance du christianisme. Ce qui touche à l’amour et à la sexualité est très discret, caché dans la sphère privée.

L’ancien régime prône la chasteté et la pudeur. Le sperme est considéré comme sale, souillant, dégradant, menaçant. Par exemple, Cyrano de Bergerac compare le sexe masculin à un serpent dressé et son éjaculat est du venin qui peut donner la maladie honteuse (grossesse non désirée).

A partir de la fin du XVIIIe siècle, la masturbation est traquée par l’Eglise et désapprouvée par les milieux médicaux. Elle gaspillerait le sperme qui, pour l’Eglise, ne doit être utilisé que pour la reproduction. Dans la Bible, Dieu condamne Onan (qui donnera naissance au mot onanisme qui veut dire masturbation) lorsqu’il laisse sa semence se perdre dans la terre. A cette époque, on véhicule aussi l’idée que la masturbation serait susceptible d’entraîner tuberculose, surdité, folie.

A partir de la seconde moitié du XIXe siècle, un certain nombre de tabous reculent. Les documents commencent à parler de sexualité et de ses plaisirs.

Avec la libération sexuelle dans les années 1970, il faut jouir de la sexualité. Le sperme perd de sa dimension précieuse. Il est alors considéré comme secondaire au plaisir sexuel.

Actuellement, on trouve des banques de sperme dans lesquelles il est stocké pour des procréations médicalement assistées. Dans un contexte juridique, an cas d’agression sexuelle, il est utilisé pour rechercher l’ADN de l’agresseur.

Chez les Baruyas

Les Baruyas, peuple de Nouvelle-Guinée, accordent une grande importance au sperme. Pour eux, c’est l’homme qui fabrique tout le fœtus dans le corps de la femme. Tout au long de la grossesse le père nourrit le fœtus avec son sperme qui apporte force et vie. Ainsi le couple passe une grande partie de la grossesse à faire l’amour !

Les mots du sperme

Il existe bien des façons imagées pour parler du sperme. Par le vocabulaire des plantes : « sève, semence ». Le mot sperme vient d’ailleurs du grec ancien grec ancien ??????, spérma (« semence, graine »).

On se délecte aussi du vocabulaire gastronomique pour l’évoquer. Il est alors « chantilly, béchamel, lait, liqueur, nectar, élixir ». Entre plaisir gastronomique et plaisir sexuel, il n’y a qu’un pas.

Plus vulgairement, le sperme se dit aussi foutre. Au XVIIIème siècle, ce mot indique la pénétration sexuelle. L’expression « va te faire foutre » en a gardé le sens. Tandis que  dans« j’en ai rien à foutre », foutre signifie faire.

Dans la prostitution et la pornographie

Dans les milieux de la prostitution, on confectionnait le « sirop de grenouille ». Le sperme d’un client était conservé dans un réceptacle pour les amateurs de cet élixir.

Dans les films pornographiques, on a commencé à montrer le sperme à l’écran à partir du moment où l’on s’est rendu compte qu’il fallait prouver la jouissance masculine. Bien souvent les scènes se terminent par une éjaculation qui souille le corps de la femme, sans baiser, ni caresse.

Sources :

A écouter sur France culture : une .

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Une réflexion au sujet de « Le sperme : croyances d’ici et d’ailleurs »

  1. Moi ce que je trouve marrant c’est que le sperme de mon petit ami a un goût complétement différent de celui de mon copain précédent 😆

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