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Publié le , Modifié le 17 janvier 2014

L’interview du mois : Paul Jacquin, pédiatre

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spermeNous avons rencontré le Dr Paul Jacquin qui est pédiatre. Depuis de nombreuses années, il s’occupe des ados et plus particulièrement des garçons. Leur développement, leur sexualité, leurs inquiétudes… sont des sujets que le Dr Paul Jacquin discute avec eux en consultation. Il dirige aujourd’hui la Maison des Adolescents Robert DEBRE à Paris.

1- Pour quels motifs les garçons adolescents viennent vous voir en consultation ?

Ils viennent d’abord pour demander « rien du tout », juste pour faire tamponner les certificats médicaux pour le sport et faire les vaccinations. Ensuite c’est pour des petits bobos (infections ORL…), puis ce sont des demandes un peu plus personnelles à propos de leur taille (pas assez grand/trop petit) et de leur poids (trop gros ou pas assez « baraqué »).

2- Parlent-ils spontanément de leurs inquiétudes liées à leur développement sexuel ?

C’est exceptionnel qu’ils viennent en posant des questions sexuelles directement. Ça peut arriver quand cela concerne un développement trop important des glandes mammaires (la gynécomastie qui correspond à une boule dans le sein). Quand ils sont inquiets de leur développement sexuel, ils le formulent plutôt par « je suis trop petit, pas assez développé ». C’est à nous médecins de traduire ce qu’il y a derrière le « je suis pas assez développé » et de leur proposer un examen médical complet, c’est à dire incluant la verge et les testicules.

3- Quelles sont les questions que les garçons vous posent le plus concernant le sperme et l’éjaculation ?

J’ai peu de questions sur le sperme et les éjaculations : quelques unes sur la quantité de sperme, la couleur, l’aspect (les grumeaux dans le sperme) etc.…Ce sont plutôt ceux qui pensent être éjaculateurs précoces qui en parlent, ou ceux qui s’interrogent sur la masturbation. Ils se demandent si c’est normal de se masturber, combien de fois/jour ou par semaine. En fait, leur vrai sujet de préoccupation, c’est la taille du sexe, sa normalité, son aspect, la fréquence des rapports sexuels…

4- Beaucoup de jeunes garçons et de jeunes hommes s’inquiètent d’être des éjaculateurs précoces. A partir de quand/qui/combien faut-il s’inquiéter ?

Tout d’abord, il faut faire la différence entre les vrais éjaculateurs précoces et ceux qui voudraient durer 2h comme ils s’imaginent que ça doit être. L’éjaculateur précoce c’est le vraiment précoce : son rapport sexuel dure moins d’une minute, il éjacule à peine la pénétration entamée et parfois même avant la pénétration. C’est tout à fait possible que ça arrive une ou deux fois, surtout au début de la sexualité. Mais si cela a tendance à se reproduire assez systématiquement, si le garçon n’a connu que ça dans sa sexualité, il va commencer à se convaincre lui-même qu’il est éjaculateur précoce et ça, ça va favoriser le phénomène. C’est très toxique de ne rien faire d’autre que d’avoir la trouille que ça se reproduise.

Sans affoler les garçons, il est quand même important de s’en occuper assez tôt pour éviter que ça s’installe. Un petit pourcentage de garçons est concerné et devrait oser aller en parler à leur médecin. Il faut les inviter à consulter. Il est important d’en parler avec sa copine, son médecin pour sortir de cette idée qui conduirait à la répétition de cet accident sexuel, car c’est un accident sexuel (comme l’impuissance).

5- Beaucoup de garçons aimeraient pouvoir maîtriser leur éjaculation (coït interrompu, faire durer, peur de l’éjaculation précoce etc.…), pensez-vous que cela s’apprend ?

Oui ça s’apprend avec l’expérience, avec sa partenaire, en prenant des pauses, en faisant des caresses. La prise en compte du partenaire contribue à acquérir cette maîtrise. On peut apprendre à sentir où on en est dans le processus d’excitation sexuelle et l’éjaculation ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe.

6- Est-ce que éjaculation = plaisir forcément ?

Oui, l’orgasme et l’éjaculation sont indissociables.

7- Pourquoi certains garçons éjaculent lorsqu’ils se masturbent mais n’éjaculent pas lors d’une relation sexuelle partagée ?

Parce qu’ils s’ennuient ! Parce qu’ils sont stressés, ailleurs, préoccupés par autre chose, parce que le plaisir n’est pas au rendez-vous.

8- Y a–t-il un lien entre éjaculation et état psychologique ?

Oui bien-sûr. Dans l’excitation sexuelle il y a une part mécanique mais il y a une part psychologique qui est très importante qui concerne le désir, l’autre. Ce n’est pas que dans le slip que ça se passe !

9- A partir de quel âge s’inquiète-t-on de l’absence de sperme ?

Tout d’abord il faut distinguer le liquide séminal du sperme. Le liquide séminal, c’est le liquide transparent qui s’écoule en petite quantité dès qu’il y a excitation sexuelle, à partir de 10-13 ans. Le sperme (liquide blanc) apparaît plus tard au moment d’une éjaculation avec une intense sensation de plaisir (orgasme).

C’est le développement pubertaire qui va nous donner des repères : si l’ensemble des organes génitaux externes s’est développé (verge, testicules, pilosité), qu’il ressemble à un sexe d’homme plutôt qu’à un sexe d’enfant et qu’il n’y a pas d’éjaculation, ça peut être en raison de rares problèmes médicaux (neurologique, endocrinien, anatomique…), ou d’une difficulté avec la sexualité (aucune masturbation), mais il y a généralement des éjaculations nocturnes qui surviennent de façon spontanée et qui rassurent sur la normalité du jeune.

10- Comment les rassurez-vous ?

Le facteur âge est important. Au-delà de 14 ans et demi, si la puberté n’a pas commencé chez le garçon, il doit absolument être examiné par un médecin. Le sperme arrive avec le développement des organes génitaux, en milieu de puberté, c’est-à-dire vers 15 ans. Les rassurer en leur disant «on est tous différents, chacun son tempo» c’est bien, mais parfois une consultation médicale est vraiment nécessaire. Il y a quand même quelques normes médicales qu’il faut prendre en compte.

11- Et pour conclure ?

Il est important de se référer au développement physique, la puberté, comme on l’a vu. Cela donne de bons repères. Puis, avant de s’alarmer de quelque chose « qui ne marche pas », s’interroger sur « dans quel état on est ». En effet, excitation, désir et plaisir, tout cela c’est beaucoup dans la tête. Les émotions, les sentiments dépendent de la relation qu’on a avec son ou sa partenaire et de ce qu’on imagine de lui ou d’elle.

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2 réflexions au sujet de « L’interview du mois : Paul Jacquin, pédiatre »

  1. doit ton arrêter de se masturber lorsque l’on se masturbe chaque jour et que des veine commence a apparaitre sur son zizi ?
    se masturber quotidiennement est une bonne chose ?
    comment éviter la tentation de le faire ?

    j'aime 2

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